Attention : Longicorne asiatique

Stéphane Corbé noubi at fautenleverca.chez.com
Sun May 9 06:35:02 EST 2004


Extrait du Journal de Saone et Loire 
http://archives.lejsl.com/cgi/jsl_handle?artid=/setl/20040413.JSA1474.html

Après des dégâts aux États-Unis et au Canada
Repéré à Gien, un coléoptère asiatique menace nos forêts

Aux États-Unis, 8.000 arbres ont dû être abattus. A Gien, une équipe 
d'étudiants dijonnais a détecté la présence d'un coléoptère qui ne 
connaît pas de prédateur naturel sous nos latitudes.

Neuf centimètres de long, cinq pour les larves, un corps vernissé noir 
tacheté de blanc ou de beige : c'est ainsi que se présentent anoplophora 
chinensis et anoplophora glabripennis, deux espèces de capricorne 
répandus en Asie et notamment en Chine où ils prolifèrent de préférence 
dans les bois tendres, de type érables, peupliers, pommiers, poiriers, 
hêtres, platanes.
Jusqu'ici, ce coléoptère était inconnu sous nos latitudes mais les 
échanges mondiaux se généralisant, ce petit insecte s'est trouvé importé 
sous d'autres cieux comme les États-Unis et le Canada où lui et ses 
congénères ont fait des dégâts considérables.
En France, l'une de ces espèces a été repérée par hasard, en mai 
dernier, par des étudiants dijonnais qui avaient entrepris une recherche 
de coléoptères à Gien (Loiret). Ayant mis la main sur ce longicorne, ils 
en ont rapporté un exemplaire à Dijon qu'ils ont montré à Mme Prost, 
entomologiste au muséum et membre de l'union des entomologistes 
français. Pour la scientifique dijonnaise, le doute n'était pas permis : 
cette espèce était inconnue sous nos latitudes.
Le sujet a donc été aussitôt envoyé à l'INRA de Montpellier qui a 
confirmé ce que Mme Prost suspectait. Il s'agissait bien d'un 
anoplophora, vraisemblablement arrivé en France par l'un des canaux 
connus : soit les bonsaïs, car les larves y nichent ou des palettes de 
bois tendres servant au transport de matériaux lourds en provenance 
d'Asie, de Chine notamment. Les larves, une fois pondues par les 
adultes, vivent dans le bois ou les troncs des arbres, ils y puisent 
leur nourriture. entraînant des dégâts considérables. Leur temps de vie 
est de deux ans, suffisamment en tout cas pour avoir raison de leur 
hôte. La prolifération peut être très importante, comme cela s'est passé 
aux États-Unis et au Canada.
Sitôt le danger potentiel identifié, les forestiers, premiers concernés 
ont sollicité l'avis d'entomologistes. Le 28 mai dernier, le ministère 
de l'Agriculture faisait paraître un arrêté destiné à engager la lutte 
contre l'indésirable Et à Dijon, le 3 avril dernier, une réunion mise en 
place au muséum à l'initiative de l'association « Forestiers du monde », 
pilotée par M. Cabassy et par Mme Prost, a permis de sensibiliser des 
publics susceptibles d'identifier l'insecte - randonneurs, animateurs, 
forestiers publics et privés. Mme Prost l'a rappelé : « La vigilance 
s'impose car si l'insecte a été identifié à Gien, il n'est pas exclu 
qu'il soit présent ailleurs, peut-être même dans notre région, et n'ait 
pas encore été repéré, tout comme on ignore aussi depuis combien de 
temps il se trouvait dans la région de Gien ».
Une seule solution existe, pour l'instant : abattre l'arbre envahi et le 
brûler car, autre donnée non négligeable : si, en Asie, ce type de 
coléoptère dispose d'un prédateur naturel qui permet de limiter les 
dégâts, ce n'est pas le cas en France, ni en Europe. Les difficultés de 
lutte font donc craindre un risque important de dissémination sur le 
territoire national. D'où l'importance de sensibiliser le plus de monde 
possible.
« Tout propriétaire ou exploitant, y compris les collectivités locales, 
est tenu, en cas de présence ou de suspicion de cet insecte, d'en faire 
la déclaration auprès de la Direction régionale de l'agriculture et de 
la forêt de la région concernée.»

Déceler l'anoplophora
La présence d'anoplophora est décelable par l'apparition de trous assez 
gros (8 à 11 mm), circulaires, dans les troncs et les branches d'arbres. 
Ces incisions de ponte sont creusées à l'aide des mandibules. Puis, les 
larves, jeunes ou moins jeunes, rejettent de la sciure hors de la 
galerie, à la base de l'arbre ou à l'aisselle des branches. La larve 
peut vivre jusqu'à deux ans, c'est elle qui fait des dégâts en creusant 
des galeries. L'adulte vit deux ou trois mois, s'accouple, pond et 
disparaît. Il est donc utile de détecter très tôt la présence des larves 
ou des adultes. Ces derniers sont aisément identifiables car ils sont 
les seuls de leur espèce, sous nos latitudes, à présenter ces 
caractéristiques : noirs tachetés de blanc ou beige. Si vous en 
découvrez un, apportez-le à l'un des contacts sous-mentionnés. Si, par 
ailleurs, vous possédez un bonsaï et que vous remarquez un trou dans le 
tronc, contactez aussi l'un de ces services qui pourront rechercher la 
provenance de l'importation.

« Forestiers du monde »,
M. Cabassy
tél. 03.80.45.82.99

muséum, Mme Prost
tél. 03.80.76.82.76
LNPV, unité d'entomologie, ENSAM-INRA Zoologie, 2 place Viala, 34060 
Montpellier. APV à Beaune.

Images ici http://insecte.uef.free.fr/Longicorne.htm



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